Née en 1967 à Nancy, Véronique Wlody a très vite adopté la photographie comme moyen d'expression. Grande voyageuse, elle a parcouru les Etats-Unis et c’est à San Francisco qu’elle apprend son futur métier dans un institut d’arts graphiques. Elle prolonge son périple en Asie, notamment à Hô Chi Minh, où le ravissement est tel qu’elle s’abandonne entièrement à la photographie.
Plusieurs rencontres ont marqué son parcours de photographe. Celle avec Jean-François Bauret, reconnu comme un maître du portrait, lui permet d’appréhender le travail de la lumière. Celle avec Gilles Dacquin qui l’oriente vers une approche intimiste du sujet dans laquelle les portraits sont autant d’histoires racontées en images. Ou encore celle de Françoise Habert, tireuse professionnelle, qui lui apprend le goût du tirage extrêmement travaillé. Ce qui fera dire à l’écrivain Ossian Claudel : « Véronique est une exploratrice dans l'âme, qui sublime la vie. La beauté énigmatique et parfois douloureuse du monde ne cesse de lui exploser au visage. Sur les tirages qu’elle expose respirent alors ses émotions, qui atteignent notre cœur, cible avouée de Véronique ! »
Une partie du travail photographique de Véronique Wlody est marqué par sa rencontre avec diverses associations soutenant des causes humanitaires comme au Vietnam où la guerre et le napalm ont laissé des traces conséquentes sur la population. Un travail qui nous propulse au cœur d’un passé occulté et douloureux.
En France, à Paris, la ville lumière, elle arpente la capitale à la recherche d’une vie solitaire, recroquevillée sur elle-même pour se protéger du froid et des regards.
Pendant l'année consacrée à l'Arménie, en 2007, au sein du collectif « Les oies sauvages », elle découvre la communauté arménienne d'Issy-les-Moulineaux.
En 2008, c'est la maladie d’Alzheimer qui est au cœur de son travail photographique. Véronique Wlody cherche à appréhender l'éloignement de l'autre, la perte de toutes les notions constituant notre quotidien, telle une substitution de notre subconscient à notre conscient. Témoin d'une vie décalée, d'une vie ralentie, entourée de proches déstabilisés, au cœur de la vieillesse, son travail regroupe une série d'images en diptyque associant personnage et objet, souvent en rapport avec le temps, le passé, le présent et la mémoire.
Dirigés par les émotions de l’auteur, ses clichés sont un condensé de toutes ces rencontres, un melting-pot de chemins de vie qui ont permis à l’artiste d’évoluer dans l’art et de transmettre sentiments et sensibilité au travers de ses photographies, projection singulière d'un ressenti unique.